Continent

Des jeux d’alliances annonciateurs de temps orageux sont en cours dans la Corne de l’Afrique : l’Egypte avec l’Érythrée d’une part et le Soudan avec l’Ethiopie d’autre part.

Des jeux d’alliances annonciateurs de temps orageux sont en cours dans la Corne de l’Afrique : l’Egypte avec l’Érythrée d’une part et le Soudan avec l’Ethiopie d’autre part.

Le premier groupe recevant l’appui des EAU(émirats arabes unis) et le second celui de la Turquie et du Qatar. Ce sont donc les lignes de fracture du Moyen-Orient qui se déplacent dans la Corne de l’Afrique et réveillent les vieilles querelles, jamais éteintes, entre Le Caire et Khartoum.

Si un accord de défense est signé entre le président El Béchir et Erdogan, Al Sissi se sentirait visé à juste raison. Et tout laisse croire qu’un tel scénario va se concrétiser. L’union africaine(UA) devrait agir dès maintenant pour éviter l’escalade de la violence verbale. La Ligue arabe de même car le Soudan et l’Egypte en sont aussi membres.

La menace est sérieuse car les conflits territoriaux hérités de la colonisation et aussi de temps beaucoup plus anciens minent la région. Le Soudan a été finalement scindé en deux et l’Ethiopie a été amputée de l’Erythrée.

L’accès à la mer Rouge, l’exploitation des ressources minières et pétrolières, la présence de bases militaires française, américaine et chinoise, entre autres facteurs complexifient encore davantage la situation.

C’est pour quoi il faut prendre très au sérieux les récents développement géopolitiques pour lancer des offensives diplomatiques préventives. Mieux vaut prévenir que guérir.

Date 11/01/2018

Le temps de l’hégémonie américaine sur le monde, et sur l’Afrique notamment, semble révolu. La dernière séance de vote lors de l’assemblée générale des Nations Unies et qui avait adopté une résolution sur le statut de Jérusalem s’opposant la reconnaissance récente de la ville comme capitale d’Israël par le président américain Donald Trump a démontré une certaine prise de conscience par la majorité des pays du monde. En effet, 128 pays ont voté en faveur du texte parrainé par la Turquie et le Yémen, au moment où 9 pays seulement ont voté contre et 35 se sont abstenus.

Le temps de l’hégémonie américaine sur le monde, et sur l’Afrique notamment, semble révolu. La dernière séance de vote lors de l’assemblée générale des Nations Unies et qui avait adopté une résolution sur le statut de Jérusalem s’opposant la reconnaissance récente de la ville comme capitale d’Israël par le président américain Donald Trump a démontré une certaine prise de conscience par la majorité des pays du monde. En effet, 128 pays ont voté en faveur du texte parrainé par la Turquie et le Yémen, au moment où 9 pays seulement ont voté contre et 35 se sont abstenus.

Au niveau de l’Afrique, seul le Togo a cédé devant la pression américaine et a voté contre la résolution condamnant implicitement la décision de l’administration Trump. Selon plusieurs observateurs, le Togo a cherché plutôt à faire plaisir à Israël avec qui un rapprochement s’opère depuis plusieurs années. En effet, le représentant du Togo à l’UNESCO avait appuyé à plusieurs reprises les résolutions présentées par Tel-Aviv et qui portaient notamment sur le statut de Jérusalem.

Toutefois, c’est dans le rang des abstinents qu’on retrouve un nombre important de pays africains. Au total, ils étaient huit pays à éviter le clash avec les Etats-Unis. Sur cette liste on retrouve le Bénin, le Cameroun, la Guinée Equatoriale, le Lesotho, le Malawi, le Rwanda, le Soudan du sud et l’Ouganda. Certains de ces pays, liés par des relations solides avec Israël ou souffrant de problèmes humanitaires ont tenté donc d’éviter de frustrer une administration américaine aux menaces à peine voilées.

Des pays africains, dont l’économie est fortement dépendante de l’aide américaine, ont toutefois eu le courage de dire Non face à l’ambassadrice des USA à l’ONU, Nikki Haley et qui n’a pas hésité à rappeler que « les États-Unis se souviendront de ce jour où ils ont été pris pour cible à l’Assemblée générale ». Ainsi, l’Égypte, le Kenya, le Nigeria, la Tanzanie et l’Éthiopie ont décidé de s’aligner du côté des opposants à la décision américaine.

Un autre pays africain a décidé de faire mieux que les autres. Il s’agit du Botswana. Le ministère des affaires étrangères de ce pays a publié un communiqué pour dénoncer la virulence des propos de la représentante des USA. Pour le Botswana, ce message menaçant et grossièrement inapproprié avait pour but de saper la souveraineté du pays.

Date 24/12/2017

Ce sont de bonnes perspectives qui s'annoncent pour la banque africaine de développement en 2018. Tablant sur une levée de fonds de 8 milliards de dollars sur le marché des capitaux, le conseil d’administration de la BAD compte allouer ces fonds au soutien des pays membres régionaux de l'institution financière multilatérale.

Ce sont de bonnes perspectives qui s'annoncent pour la banque africaine de développement en 2018. Tablant sur une levée de fonds de 8 milliards de dollars sur le marché des capitaux, le conseil d’administration de la BAD compte allouer ces fonds au soutien des pays membres régionaux de l'institution financière multilatérale.

Pour atteindre cet objectif ambitieux la banque dit pouvoir compter sur sa bonne réputation. En tout cas c'est ce qu'a souligné la BAD dans un note d'information relative à cette décision entérinée le 13 décembre dernier. En effet, jouissant d'une bonne réputation auprès des agences internationales de notation les plus connues comme Fitch, Moody's ou encore Standard&Poor's, la BAD peut s'appuyer sur divers instruments financiers pour atteindre les objectifs escomptés.

Selon de récentes déclarations du vice président par intérim de l'organisation financière panafricaine, Hassatou N'Sele et qui se charge également des finances et de la trésorière, la BAD continuera sur sa lancée pour offrir de meilleurs services à ses clients. « Nous avons accru notre visibilité sur les marchés des capitaux et nous continuerons à lever des fonds auprès des investisseurs du monde entier dans le but de fournir à nos clients des ressources compétitives ».

L’année 2018 sera également une année de défis pour la banque. Cherchant à émettre des émissions obligataires en devises africaines, la BAD vise la facilitation de ses opérations en monnaie locale et d'encourager également le développement des marchés obligataires domestiques au niveau de tout le continent africain. Des obligations thématiques relatives, entre autres, à l'amélioration de la qualité de vie des populations en Afrique et à l'industrialisation ont déjà été émis par la BAD.

Date 23/12/2017

Le Maroc a toute sa place au sein de la CEDEAO. Son dynamisme économique est un plus pour les autres pays membres. Le royaume chérifien va offrir des opportunités, dans de nombreux secteurs, à ses nouveaux partenaires qui vont bénéficier du savoir-faire marocain, de ses industries, de son artisanat etc. Comme le Maroc va aussi profiter de la qualité du travail, de l’expérience et des succès remarquables enregistrés dans la zone CEDEAO.

Le Maroc a toute sa place au sein de la CEDEAO. Son dynamisme économique est un plus pour les autres pays membres. Le royaume chérifien va offrir des opportunités, dans de nombreux secteurs, à ses nouveaux partenaires qui vont bénéficier du savoir-faire marocain, de ses industries, de son artisanat etc. Comme le Maroc va aussi profiter de la qualité du travail, de l’expérience et des succès remarquables enregistrés dans la zone CEDEAO.

Ce n’est pas un hasard si deux pays comme la Côte d’Ivoire et le Sénégal, membres de la CEDEAO, sont dans le peloton de tête des Etats qui ont la plus forte croissance économique en Afrique et dans le monde à l’heure actuelle. La CEDEAO est une réussite et c’est pour quoi beaucoup se bousculent à ses portes.

Le Maroc remplit toutes les conditions pour en devenir membre. Le roi Mohammed VI est un visionnaire comme son père Hassan II. Il sait que le Maroc a d'énormes possibilités d’expansion économique dans le continent africain qui est le sien et a vite choisi d’investir ce créneau. Après avoir déjà développé une coopération multidimensionnelle dans toutes les zones géographiques du continent. À l’évidence le Maroc a prouvé par les actes son option panafricaniste et ce, depuis toujours.

Dès lors il faut fustiger l’attitude frileuse de ceux qui essaient de présenter le Maroc sous des traits négatifs dans sa volonté d’adhérer à la CEDEAO. La taille de l’économie marocaine ne pose aucun problème car elle est inférieure à celle du Nigéria qui truste la première place continentale et qui est aussi membre de la CEDEAO. S’il faut craindre le Maroc ; le même raisonnement devrait prévaloir pour le Nigéria.

Le Maroc, en vérité est une chance pour la CEDEAO qui voit ainsi s’ouvrir les portes du Nord du continent. Il y aura ainsi un continuum jusqu’en Europe en passant par le détroit de Gibraltar. Il faut voir grand et loin, pour les générations futures. Il ne manquerait plus que de se cacher derrière des sentiments racistes envers les marocains ?

Les racines africaines du Maroc sont indiscutables tout comme son ancrage continental et son engagement politique comme, dans une période assez récente, le « groupe de Casablanca » l’a illustré. Les marocains sont nos frères et ceux qui ont vécu le drame du conflit sénégalo-mauritanien de 1989 ont, en mémoire, les mots historiques du souverain chérifien, Hassan II.

Si débat il doit y avoir ; il devrait concerner la Mauritanie qui avait choisi librement de quitter la CEDEAO. Pourquoi veut-elle revenir ? Même sous une nouvelle forme ? Cette question est légitime. Mais l’intérêt bien compris de la Mauritanie et de la Tunisie(qui souhaite développer un partenariat) est bien de nouer des relations fortes avec la CEDEAO.

L’UMA(union du Maghreb arabe) ne marche pas du fait de la mésentente persistante entre l’Algérie et le Maroc. La coopération économique, dans cette zone, est donc bloquée.

C’est pour quoi tous les chemins d’espoir mènent au sud et à la CEDEAO qui a intérêt d’ouvrir grandement ses portes. En faisant observer des règles claires qui protègent tous les membres.

L’heure devrait donc être au débat panafricaniste c’est à dire ouvert et sans arrière pensée.

Date 20/12/2017

Tout le monde le sait, le continent africain a besoin de quelque 100 milliards de dollars d’investissements annuels en infrastructure. Un besoin qui attire plusieurs puissances internationales qui voient en l’Afrique le continent de l’avenir. En plus de la Chine qui se place désormais comme premier investisseur international dans le continent, le géant Russe se cherche également une place.

Tout le monde le sait, le continent africain a besoin de quelque 100 milliards de dollars d’investissements annuels en infrastructure. Un besoin qui attire plusieurs puissances internationales qui voient en l’Afrique le continent de l’avenir. En plus de la Chine qui se place désormais comme premier investisseur international dans le continent, le géant Russe se cherche également une place.

En effet, lors d’une rencontre avec le président guinéen et président en exercice de l’Union Africaine, Alpha Condé, le chef d’Etat russe, Vladimir Poutine, a annoncé l’annulation de plus de 20 milliards de dollars de dettes de différentes nations africaines « dans le cadre de l'initiative visant à aider les pays les plus pauvres et en état de fort endettement ».

Une annonce qui avait poussé les connaisseurs du champ africain a évoqué un véritable regain d’intérêt « géopolitique, économique et sécuritaire » de la Russie pour l’Afrique. Mais l’annulation des dettes n’est pas la seule donnée à prendre en compte. En effet, des investissements majeurs dans tous les secteurs stratégiques de développement ont été également annoncés par Moscou.

Les chiffres sont d’ailleurs très parlants. 12,5 milliards de dollars d’investissement ont été annoncé en début de ce mois rien que dans le secteur ferroviaire au Ghana, soit plus de 29% du PIB global de ce pays. Quelques jours seulement avant cette annonce, la compagnie Russe Rosneft avait fait son entrée dans le tour de table du champ gazier Zohr en Egypte avec plus de 450 Millions de dollars, soit 30% des parts.

Toujours en Egypte, le pays avait eu, rappelons-le, un financement de plus de 25 milliards de dollars pour sa première centrale nucléaire et dont les travaux ont déjà été entamés et devront s’achever en 2022. La banque publique Ruseximbank a financé également le premier satellite national angolais, sans oublier le financement des investissements dans des secteurs comme les hydrocarbures et les mines.

Date 20/12/2017

Le président français a de l’énergie à revendre : multiples déplacements à l’étranger, au Moyen-Orient récemment et organisation à Paris du « One Planet Summit » suivi du « G5 Sahel ». Sans oublier les interventions médiatiques sur la chaine américaine CBS et, auparavant la conférence de presse avec le premier ministre israélien Netanyahou à l’Elysée.

Le président français a de l’énergie à revendre : multiples déplacements à l’étranger, au Moyen-Orient récemment et organisation à Paris du « One Planet Summit » suivi du « G5 Sahel ». Sans oublier les interventions médiatiques sur la chaine américaine CBS et, auparavant la conférence de presse avec le premier ministre israélien Netanyahou à l’Elysée.

Mais qu’est-ce qui fait courir Macron ? Il est dans le « temps de l’action » dit-il et il a raison. Car un mandat passe vite et il faut construire un bilan. Jusqu’ici Macron s’en tire bien : il réforme en respectant ses engagements de campagne. Tout le contraire de son prédécesseur qui s’est fourvoyé dans ses contradictions et son indécision. Ce qui lui a valu l’échec retentissant qu’il a subi. Macron sait donc ce qu’il ne faut pas faire et aussi l’urgence de faire des résultats.

Sur le plan intérieur tout semble aller dans le bon sens même s’il est encore trop tôt pour porter un jugement objectif. On constate cependant que sa cote de popularité a nettement remonté après une période de dégringolade inquiétante. Il a su donc redressé la barre et son regain d’activité récente n’y est pas pour rien.

Le « One Planet Summit » n’est pas la Cop 21 mais il a tout de même rassemblé environ 60 chefs d’Etat et de gouvernement, des stars comme Leonardo Di Caprio ou encore Arnold Swarzenneger, des hommes d’affaires riches et célèbres comme Bill Gates etc.

Surtout il a abouti à des résultats encourageants : les fonds souverains de l’Arabie Saoudite, du Qatar, de Norvège, entre autres ont décidé de s'engager dans le domaine des « financements verts ». De grandes entreprises internationales comme Chevron et BP, parmi une centaine vont être sous surveillance des investisseurs de ce point de vue. Il y a aussi des fondations comme celle de Bill Gates qui vont aussi appuyer en mettant de l’argent.

On le voit, la rencontre de Paris a mis en branle une participation plus soutenue du secteur privé et des organisations philanthropiques. C’est une démarche innovante car la lutte contre le réchauffement climatique doit concerner tout le monde et mobiliser, en conséquence toutes les ressources disponibles.

À Paris, Macron a bien mobilisé et a essayé d’incarner un certain leadership européen. Ce mérite doit lui être reconnu ; même si les grands que sont les USA, la Chine, la Russie ou l’Inde rament à contre courant ou trainent des pieds. Pékin s’est engagé mais Moscou et Washington, non. Les Russes n’ont pas ratifié l’accord de la COP 21 et Les Américains ont choisi, avec Trump de se retirer. À l’évidence le combat mené par le président français est à saluer mais il est loin d’être gagné.

Même constat avec le G5 Sahel porté à bout de bras par Macron qui peut se féliciter du frémissement observé avec la décision de l’Arabie Saoudite d’octroyer 100 millions de dollars à l’organisation. Mais on est encore loin du compte. Le problème est que les pays membres sont parmi les plus pauvres de la planète(le Niger étant classé dernier) et que la zone sahélienne est tellement vaste qu’elle est incontrôlable. Les terroristes y sont difficiles à combattre efficacement.

Il s’y ajoute que le parrain Macron est à la tête d’un pays qui n’a pas les moyens d’augmenter encore et encore son aide financière. L’opération Barkhane en cours dans la zone lui coûte très cher. C’est pour quoi Macron essaie de jouer les avocats pour convaincre d’autres partenaires européens de mettre la main à la poche.

La chancelière Angela Merkel qui n’a pas participé au « One Planet Summit » participe au sommet du G5 Sahel. C’est un bon signe pour l’Afrique et pour Macron.

Date 13/12/2017

Ce jour(mardi 12 décembre) la France organise le « One Planet Summit » en partenariat avec l’ONU et la Banque mondiale. 50 chefs d’Etat et de gouvernement y participent. Mais les plus grands pollueurs comme les USA, l’Inde et la Chine y sont représentés par des personnalités de rang inférieur.

Ce jour(mardi 12 décembre) la France organise le « One Planet Summit » en partenariat avec l’ONU et la Banque mondiale. 50 chefs d’Etat et de gouvernement y participent. Mais les plus grands pollueurs comme les USA, l’Inde et la Chine y sont représentés par des personnalités de rang inférieur.

Pour l’Elysée cela n’est pas important car des ONG et des entreprises américaines importantes seront de la partie et s’exprimeront librement. L’objectif ciblé est de « verdir la finance » en faveur du climat.

Il y a aussi les engagements pris vis à vis des pays les plus défavorisés que l’Elysée affirme vouloir tenir. En a-t-il les moyens ? En l’absence des USA sur quels autres partenaires étatiques peut-il compter ?

Le problème avec les pays européens est que si la volonté politique y est ; le cash fait défaut. Il faut, peut-être s’en remettre aux ONG qui vont certainement maintenir la pression pour que l’Accord de Paris de la Cop 21 soit traduit en actes. Le « One Planet Summit » est comme un service après vente à la suite de la Cop 22 tenue au Maroc et surtout du coup de tonnerre du retrait de Trump.

Le reste du monde est plus fort que les USA. Il faut le prouver. Les chefs d’Etat réunis à Paris doivent relever le défi.

Date 12/12/2017

L’adhésion du Maroc à la communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest(CEDEAO) est à entériner et à saluer. Elle fait faire un bond de géant à la construction de l’unité africaine.

L’adhésion du Maroc à la communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest(CEDEAO) est à entériner et à saluer. Elle fait faire un bond de géant à la construction de l’unité africaine.

N’est-ce pas l’objectif ciblé par tous les leaders historiques du continent ? Tous ceux qui savent que les Etats africains balkanisés n’ont aucune chance de s’émanciper sur le plan économique, faute de « marché conséquent » ?

Même l’Europe qui est composée d’Etats dits développés a réalisé son unité pour constituer un marché commun gigantesque pour compétir avec la Chine, les USA, le Mexique et le Canada réunis dans l’ALENA, les pays d’Amérique latine membres du MERCOSUR, les pays d’Afrique australe regroupés au sein de la SADCC etc...

Aucun économiste sérieux (qui pense à l’avenir) ne préconise le repli sur soi et le choix de la balkanisation. À moins de jouer pour les intérêts des colonialistes qui avaient morcelé l’Afrique pour l’exploiter et la maintenir dans le sous-développement et la misère.

Et curieusement, pendant cette période, ils (les colons) ont unifié les territoires conquis pour maximiser leur exploitation économique. La création de l’AOF(Afrique occidentale française) et AEF(Afrique équatoriale française) n’avait pas d’autre but. La logique impérialiste du diviser pour régner(ici perpétuer la domination) a imposé de « donner » l’indépendance à des Etats balkanisés avec des frontières artificielles. Si l’Afrique piétine depuis et n’arrive pas à s’en sortir cet héritage colonial y est pour beaucoup. Avec les plaies encore béantes d’une période coloniale dévastatrice.

Pour émanciper l’Afrique, il faut la réunifier sous diverses formes possibles, à commencer par l’économie qui est la pierre angulaire des relations durables entre Etats. La décision du Maroc de rejoindre la CEDEAO est historique. Elle est l’ombre portée d’une vision politique que tout panafricaniste doit magnifier.

Le Roi Mohammed VI est un véritable homme d’Etat qui inscrit sa démarche dans la longue durée pour la défense des intérêts de son peuple et de son continent. Il a compris que le Maroc a les moyens de s’épanouir en Afrique et d’y jouer un rôle majeur pour susciter des synergies fécondes au profit de tous. Cette option est aussi un pari sur l’Afrique et un engagement persévérant pour le développer, en comptant d’abord sur ses propres forces, celles agrégées de ses Etats et de ses peuples.

Critiquer une telle démarche, en mettant en exergue le fait que « le PIB du Maroc équivaut à ceux du Sénégal, de la Côte d’ivoire et du Ghana réunis » est lamentable et témoigne d'une analyse à courte vue. Pourquoi ne pas comparer les PIB de la France et de l’Allemagne à ceux du Portugal, de la Grèce, de la Pologne etc...? Cibler ce point seul n’est pas pertinent.

Le Maroc apporte un savoir-faire, des produits, un marché, des banques etc. C’est tout bénéfice pour les autres pays membres de la CEDEAO. Qu’on ne nous dise pas qu’il y aura des blocages ?

Si le Maroc s’engage c’est en toute connaissance de cause. D’ailleurs le royaume chérifien est déjà très présent dans l’espace CEDEAO et dans bien d’autres pays africains. Il faut donc refuser les discours dictés par la peur et la volonté mortelle de repli sur soi. Et accueillir à bras ouverts un grand pays africain qui s'assume parfaitement.

Date 04/12/2017