Burkina Faso

La production cotonnière au Burkina Faso est promise à un avenir fleurissant. En effet, une douzaine d’établissements bancaires du pays ont décidé d’apporter leur soutien financier au secteur. Quelques 70 milliards de FCFA seront donc mis sur la table pour le compte de la campagne cotonnière de 2017-2018 selon des informations divulguées par la Société burkinabé des fibres textiles (SOFITEX).

La production cotonnière au Burkina Faso est promise à un avenir fleurissant. En effet, une douzaine d’établissements bancaires du pays ont décidé d’apporter leur soutien financier au secteur. Quelques 70 milliards de FCFA seront donc mis sur la table pour le compte de la campagne cotonnière de 2017-2018 selon des informations divulguées par la Société burkinabé des fibres textiles (SOFITEX).

Tablant sur une production dépassant les 563 000 tonnes de coton conventionnel pour le compte de cette campagne cotonnière, la société SOFITEX avait enregistré une baisse de 13% cette année par rapport à la campagne précédente. Un déficit qui s’explique par la mauvaise pluviométrie enregistrée tout au long de l’année ainsi qu’à une invasion des insectes et qui avait ravagé une partie de la production.

Cette nouvelle mobilisation des banques du pays se décline sous forme d’un crédit avec un taux ne dépassant pas les 6% contre 6,4 pour l’année passée. Ce taux dépassé les 8% durant les campagnes précédentes, apprend-on auprès de sources bancaires. Ces mêmes sources ont insisté sur l’importance de ce soutien vu que le coton reste le deuxième produit d’exportation dans le pays après l’or.

Pesant pour quelques 4% du produit intérieur brut du Burkina Faso, le Coton est l’activité qui emploi le plus dans ce pays sahélien et dont l’économie repose sur l’agriculture. Selon les statistiques officielles, c’est quelques 3,5 millions de paysans qui vivent de la production du Coton ou par des activités qui y sont fortement liées.

Date 13/12/2017

Le face à face entre Macron et les étudiants burkinabés a tenu toutes ses promesses. Le président français a été percutant en tenant un discours rigoureux, généreux et subtile.

Le face à face entre Macron et les étudiants burkinabés a tenu toutes ses promesses. Le président français a été percutant en tenant un discours rigoureux, généreux et subtile.

Il a reconnu les « crimes de la colonisations » à juste raison. Ce phénomène de spoliation des peuples a rendu exsangue l’Afrique et versé le sang de ses fils. C’est incontestable et l’Afrique en subit, encore aujourd’hui, les conséquences. La colonisation est bien un crime et elle doit être considérée comme tel. Macron a donc parlé vrai. Il a retiré ses propos sur « le défi civilisationnel de la démographie » (nous avions critiqué ses propos avec virulence ici même). Dont acte pour le mea culpa.

L’annonce d’un « visa long séjour pour les étudiants africains pour faciliter leur retour » est pertinente. Elle est à saluer. Tout comme la défense de la cause des femmes et notamment la lutte pour l’égalité en Afrique mais aussi en Europe. Cela vaut aussi pour la démocratie qui est un combat permanent.

À l’évidence Macron a réussi son « grand oral africain ». Il est vrai qu’il s'était donné les moyens de ses ambitions en préparant son discours et en choisissant bien ses mots. C’est la moindre des choses pour un chef de l’Etat français face à des jeunes qui, comme lui n’ont pas vécu la période coloniale mais en sont les produits d’une certaine manière.

Si Macron vient en Afrique c’est bien parce que les intérêts français y sont encore très importants et il urge de les défendre car les concurrences chinoise, indienne, américaine et autres sont rudes. Et les promesses africaines en matière de développement économique impressionnantes dans presque tous les domaines. Les relations franco-africaines doivent être réinventées et c’est ce à quoi Macron s’efforce.

Un discours offensif et respectueux est bon à prendre. Mais il doit être suivi d’actes majeurs pour booster un partenariat euro-africain que tout pousse à développer : Les intérêts économiques, les liens culturels, la lutte contre le terrorisme etc...C’est justement ce que le sommet qui s’ouvre ce jour à Abidjan entre l’union européenne et l’Afrique va examiner.

Macron y sera un acteur de premier plan. À lui de pousser ses partenaires européens à être plus généreux c’est à dire plus réalistes. Car entre l’Europe et l’Afrique, il y a une communauté de destin si on y regarde de plus près. Le soi-disant vieux continent vieillit réellement et a besoin de jeunes et de sang neuf. L’Afrique en regorge et aussi de matières premières et d’un énorme potentiel économique dans tous les domaines.

Une France réconciliée avec son passé colonial, c’est à dire qui accepte d’en assumer toutes les dérives, sera un partenaire de choix pour l’Afrique. Car elle a des atouts remarquables que ses concurrents n’ont pas dont la francophonie si et seulement si celle-ci est repensée pour être au service des peuples et de la diversité culturelle.

Il y a bien évidemment l’artisanat français, la première entreprise de l'Hexagone sans oublier les industries majeures du ferroviaire à l’électronique, l’aéronautique, l’automobile etc...Avec l’agriculture où l’expérience et l’expertise françaises sont reconnues de tous.

On le voit une France décomplexée peut conquérir de grandes parts de marché partout en Afrique. Si elle arrête de donner des leçons et de jouer à cache-cache avec son douloureux passé colonial.

Macron semble l’avoir bien compris. Il a pris date à Ouagadougou avec la jeunesse africaine. On attend la suite.

Date 29/11/2017

Le président français arrive ce soir dans la capitale du Burkina où il fera un discours très attendu à l’université face à des centaines d'étudiants.

Le président français arrive ce soir dans la capitale du Burkina où il fera un discours très attendu à l’université face à des centaines d'étudiants.

Comme Sarkozy à Dakar, il y a 10 ans, il veut démontrer que l’Afrique l’intéresse et qu’il a des pistes de réflexion pour aider à résoudre ses problèmes. L’intention est louable, mais comme chacun sait : « le chemin de l‘enfer est pavé de bonnes intentions ».

À Dakar, Sarkozy avait fait une bourde monumentale en prononçant un discours dérangeant voire insultant rédigé par son conseiller Henri Guaino qui affirme que : « l’Afrique n’est pas suffisamment entrée dans l’histoire ». L’opération de charme et de communication avait ainsi lamentablement échoué et déclenché un retour de boomerang qui poursuit toujours le vainqueur de Ségolène Royal.

Macron connaît l’histoire et va certainement éviter de tomber dans un tel piège. Il s’y ajoute qu’il a un bagage intellectuel conséquent qui lui permet de rédiger lui-même ses discours et/ou d’en apprécier toutes les subtilités si jamais il avait recours à un « nègre »(Il faut préciser qu’en bon français un nègre est celui qui écrit pour quelqu’un d’autre).

À Ouagadougou donc, Macron devra relever le défi de séduire tout en disant des choses pertinentes qui peuvent ne pas plaire. L’emploi des jeunes est l’équation des équations en Afrique où cette catégorie de la population constitue l’immense majorité. Elle est dans le désarroi dans beaucoup de pays faute de formation adéquate et de débouchés. Nombre de jeunes africains sont ainsi des candidats désespérés à l’émigration et même au djihadisme.

La situation catastrophique qu’ils vivent est source d’insécurité pour l’Afrique mais aussi pour l’Europe et les européens qui vivent en Afrique comme les multiples attentats terroristes au Mali, au Niger, en Côte d’Ivoire et au Burkina le démontrent de manière tragique. Comme les prises d’otages l’illustrent ainsi que l'invasion de la Méditerranée par les migrants.

Macron a une occasion en or de marquer l’Histoire s’il trouve les mots justes et si son discours fait parler à la fois son cœur et sa raison. Comme Obama l’avait réussi au Caire.

Macron a une tête bien faite. Il s’y connaît en économie et finances, en politique et a aussi un diplôme de philosophie. Il a donc tous les atouts pour concocter un discours d’anthologie en faveur du développement de l’Afrique et du partenariat avec l’Europe.

Le Conseil présidentiel sur l’Afrique qu’il a mis sur pied est une excellente initiative qui lui permet de s’imprégner des questions de fond qui se posent au continent pour qu’il réalise un décollage définitif. Macron a rencontré les membres du Conseil qui seront du voyage qui semble donc bien préparé. Mais il lui appartient et à lui tout seul de s’adresser aux étudiants burkinabés et de les convaincre.

Date 27/11/2017

Trois ans après l’insurrection populaire qui a abouti à la chute du régime Compaoré et deux ans après le contre-coup d’Etat qui a échoué, des milliers de citoyens ont manifesté à Ouagadougou pour dénoncer l’impunité dont bénéficient les instigateurs.

Trois ans après l’insurrection populaire qui a abouti à la chute du régime Compaoré et deux ans après le contre-coup d’Etat qui a échoué, des milliers de citoyens ont manifesté à Ouagadougou pour dénoncer l’impunité dont bénéficient les instigateurs.

Les lenteurs des procédures judiciaires en cours et le manque de détermination du pouvoir à agir pour traquer les comploteurs de l’ancien régime ont suscité l’indignation et la colère des burkinabés. D’où le raz de marée populaire constaté dans les rue de la capitale.

Ce coup de semonce devrait pousser Kaboré et son gouvernement à diligenter les procès des putschistes comme Gilbert Diendéré, ancien bras droit de Compaoré. Il y a quelques jours les charges retenues contre eux ont été rendues publiques. Il faut aller plus vite ; même si le temps de la justice est souvent très long.

En démocratie il faut faire avec la dictature de l’opinion et l’impératif d’assurer à chacun le droit à un procès-si celui-ci doit avoir lieu-juste et équitable. Le temps est donc compté pour Kaboré qui a un redoutable défi à relever. Pour que justice soit faite dans la paix sociale.

Des partisans de l’ancien régime sont encore très nombreux au Burkina et constituent une force politique non négligeable. Mais cela ne doit pas favoriser l’impunité qui pourrait gangréner la société. La démocratie exige que justice soit faite. Une réconciliation durable est à ce prix.

Kaboré a certainement bien reçu le message de la rue. À bon entendeur…

Date 05/11/2017